Prologue
Ce livre, je l'ai commencé fin 2019. Le temps passe vite, on le sait, on le dit, et pourtant on en est toujours surpris. Quatre mois plus tard, nous étions tous confinés. Moi, je démarrais une première exposition à la galerie POD.
Jean-Christophe m'avait proposé fin septembre de venir occuper sa galerie entre deux accrochages. Un mois pour exister dans cet espace vide. Je remplissais ces murs avec une fierté que je ne cherchais pas à cacher. On se vante toujours un peu de ce qu'on n'est pas encore. On a tous besoin de se raconter quelque chose. J'endossais ce rôle avec plaisir, sans trop me poser de questions.
Ce moment fut aussi, pour moi, la découverte de la force du papier couché.
L'exposition courait du mardi au samedi soir. C'était court. Mais les gens vous répètent "quand est-ce que tu exposes ?" avec une insistance qui finit par ressembler à une injonction. Alors on se dit qu'il faut y aller, à un moment ou un autre. Et puis c'était une occasion rare : voir ses images traversées par d'autres regards, découvrir ce que les photos deviennent quand elles quittent votre disque dur.
L'investissement financier était lourd. Un jour, en me rendant à la galerie pour préparer l'accrochage, j'avais posé là un livre imprimé à un seul exemplaire. Un objet presque secret, avec bon nombre de mes photos dedans, parce qu'on ne peut pas tout mettre aux murs mais qu'on veut quand même tout montrer. Jean-Christophe m'en fit rapidement le retour : quel dommage de ne pas avoir de livre à vendre.
Il m'aura fallu un mois, juste après l'exposition, pour que sorte cet objet. Diptyque, triptyque sur le ressenti. Les associations n'y prennent vie que dans le regard de celui qui les traverse : ce n'est pas une histoire, ce sont des histoires à assembler.
"Le lecteur devient l'auteur du lien."
Premier pari sur le papier.
L'exposition fut courte, la communication trop légère. Les gens se déplacent de moins en moins dans les expositions on regarde tout sur le net maintenant, hormis les habitués, les amis et certains badauds qui viennent vous parler d'eux et de leur propre boitier en regardant vos photos. Beaucoup de ceux qui acclament les artistes ne sont pas là quand ça compte. Je rentrai dans mes frais, heureusement. J'ai un travail. Alors où est le problème ? La fierté, peut-être. Mais je sais aussi être têtu, et l'obstination est parfois la seule chose qui tient.
Par contre, j'ai bien vendu mon livre. Et c'est là que quelque chose s'est ouvert : l'envie de continuer à raconter des histoires sur ce support qu'on déroule dans un ordre précis, où la séquence fait sens autant que chaque image prise seule.
Tant que nos livres existent, nous continuerons à exister un peu. C'est certainement ça, le secret de vouloir être photographe.
Ces pages sur un écran ne remplaceront jamais le papier. Mais la volonté de faire perdurer ce travail existera toujours en moi. C'est là que je suis vraiment obstiné. J'espère que vous aimerez la balade dans cet univers d'assemblage. L'histoire vous semblera courte, peut-être, mais elle vous plongera dans mes errances urbaines et laissera votre imaginaire combler les associations .
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résonance — Nom féminin (latin : resonatia, écho).
Ce qui provoque une réponse chez quelqu'un, ce qui l'émeut.
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Ce qui est intrigant dans une photographie, c'est le point de vue d'où l'on regarde le monde.
La photographie n'est pas un récit. Elle n'a ni début ni fin imposés. Elle inspire l'imagination, invite au rêve, à la contemplation. Elle fixe un instant présent que l'on fragmente en détails fugaces, pour que l'esprit le recompose à sa manière.
Des instants attrapés au vol, qui résonnent comme une mélodie entendue au coin d'une rue, discrète et à peine audible, que l'on ne reconnaît qu'à quelques notes posées.
L'espoir est que le lecteur entre en résonance avec ces instants, qu'il prenne possession des images et écrive son propre récit, lui donnant un sens qui n'appartient qu'à lui.
Ce recueil est une invitation. Chaque composition est un assemblage de résonances, de moments saisis, de lumières retenues. Les pages blanches sont là, pour écrire la fin, ou peut-être le début…
# 1Nuances
# 2 Indoor
# 3 Les vitrines imaginaires
# 4 Dans le vent
# 5 "De passage..."
# 6 "L'attente"
# 7 "La surprise"
# 8 "Féerie"
# 9 "Chorégraphie"
#10 "Livres"
#11 "Au coin d'la rue"
# 12 "Les voiles"
# 13 "Seul"
# 14 "L'enfant sauvage"
# 15 "Porte-drapeau"
# 16 "Incongru"
# 17 "Chaleur humaine"
# 18 "Partage en duo"
# 19 "Le spectateur"
# 20 "Sous la pluie"
# 21 "Les petits plaisirs"
# 22 "Expression de liberté"
# 23 "Les barrières"
# 24 "Capture cinématographique"
# 26 "Le regard"
# 27 "Vibrance"
# 28 "Evasion"
# 29 "Les petits pas"
# 30 "Hors du temps"
# 31 "La croisée des chemins"
# 32 "Les amours- Avant/après"
# 33 "Tempus Fugit"
# 34 "Smoke"
# 35 "Les sens"
# 36 "couvre-chef"