Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

Le choix , pont habité Landerneau.

Dimanche 6 septembre 2020, l'homme rentre dans un restaurant sur le pont habité à Landerneau. Il porte un survêtement. L'homme est souriant, il connaît le restaurateur, il s'installe à une table en vitrine. Je vis la scène de l'extérieur, les montants de la vitrine divise et donne une nouvelle proportion à l'ensemble, la lumière est douce. J'en profite pour déclencher, pendant ce bref instant d'hésitation et de lecture de menu, dans le reflet, on aperçoit le porte-menu extérieur, je cadre volontairement la suspension comme pour accentuer le coté "isolé" de l'homme. Je poursuis mon chemin. Je me fais la réflexion à ce moment la que le dimanche est bien le jour ou nous sortons dehors avec une part de notre intimité.

Le livre masque, les ateliers capucins

Nous sommes en pleine période covid, septembre 2020, je déambule sur le salon de la BD de Brest. Cette jeune fille m'interpelle, car je ne vois pas son masque, elle est assise sur une structure permettant de faire de l'affichage aux ateliers capucins, j'y vois rapidement la possibilité de redimensionner mon image grâce à cette nouvelle composition. Cette jeune fille m'interpelle, car je ne vois pas son masque, elle est assise sur une structure permettant de faire de l'affichage aux ateliers capucins, j'y vois rapidement la possibilité de redimensionner mon image grâce à cette nouvelle composition. La scène me semble presque banale dans une période anormale. 

Le restaurant

J’ai toujours été attiré par les frontières invisibles qui existent entre le photographe et des acteurs de la vie, les passages de portes, les vitrines, un paravent, le coin d’une rue. Deux mondes qui coexistent juste par l’observation. C’est souvent la limite aussi entre l’ombre et la lumière qu’elle soit naturelle ou artificiel. Comme dans un cadre, on y raconte ou on imagine des histoires de vies.
Cette série me force à recomposer les images sans fuyantes, parfois le format inhérent à la photographie (24 x 36 mm) devient allongé, devient carré, se retrouve modifié de son format d’origine, chercher le sujet pour le mettre en valeur.

lire et rêver 

Une pensée pour l'avenir.

Dernier regard avant 20 hrs....

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