C'est un samedi matin. Gabriel dévale la rue Saint-Malo, la pente qui descend du "Coin d'la Rue" jusqu'à la plus vieille rue de Brest. Il a dix ans et depuis quelque temps on lui confie des responsabilités sur les chantiers de la rue. Il est pressé d'avoir son autonomie. La rue est vide, le bruit vient du bar. Plusieurs brouettes stationnent devant l'entrée.
Avril 2025. Avant la saison des fêtes, avant les Beaux Dimanches, avant les Journées du Patrimoine, les bénévoles de la rue sont à l'œuvre. Le sol du bar était usé, inégal, difficile d'accès. Pas question de laisser ça en l'état. Sous la direction de Mireille, qui habite la rue et sans qui elle n'aurait jamais repris vie, chacun trouve sa place dans l'organisation.
Quelqu'un a pensé aux pierres d'un mur tombé, à quelques coups de brouette. Pas commandé, pas acheté. Récupéré. Ils les ont amenées en choisissant leurs formes, triées, posé du sable pour mettre de niveau, et assemblé les pierres une à une, à genoux sur le sol. Sous le regard bienveillant de Mick, Nico, Mimi, et bien d'autres, la liste serait trop longue.
Quelques samedis de travail. Des mains de tous âges, Gabriel avait dix ans. Tout le monde est utile.
C'est ça, la préparation des Beaux Dimanches et des événements à la rue Saint-Malo. Le travail sans lequel rien ne se passe, que personne ne voit quand la fête commence. Alors quand vous allez au bar, pensez à regarder le sol, vous aurez les images en tête de cet instant passé. Les pierres du mur tombé ont trouvé un autre endroit où tenir.
Je voulais vous partager cet instant, important, qui permet à cette rue de continuer à vivre, parfois avec des bénévoles de passage. Alors n'hésitez pas, si l'envie vous en prend de donner un coup de main, ça se passe le samedi et le lundi. On peut aussi passer et demander simplement "Besoin d'aide ?"
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"On ne fait pas le bien pour être vu, on le fait parce que c'est là que quelque chose de vivant commence."
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